Découvrir Val-Morin

Début des Arts de la table le samedi 6 juillet Plus d'info »

Retourner à la liste ...

2011-03-25
Le Manoir Chanterella

Voir les photos Voir les photos ...

Manoir Chanterella
Partir à la découverte de maisons qui ont marqué le paysage de Val-Morin dès sa fondation, les faire revivre et les faire connaître aux résidents d’aujourd’hui, tel est le but de cette chronique. Notre intérêt pour l’histoire de ce village tient sûrement de nos racines puisque nos parents et grand-parents y vécurent. D’où le désir de mettre en valeur les lieux qui servirent de résidences à leurs contemporains.

Pour cette première chronique, nous vous présentons une maison exceptionnelle autrefois nommée le Manoir Chanterella. Située sur un promontoire le long du parc linéaire, elle jouit d’une vue magnifique sur le lac Raymond et les montagnes environnantes. Qui n’a pas déjà remarqué en vélo, en ski de fond ou du mont Sauvage ce manoir imposant au toit vert avec ses murs et ses tourelles en pierres et sa large terrasse!

Cette demeure construite vers 1930 a appartenu à Herbert Terrence Lebrooy qui en fut le premier propriétaire. Né à l’île de Jersey, près de l’Angleterre, colonel de l’armée britannique en Inde, il arriva au Canada vers la fin des années vingt et trouva un emploi à la Compagnie d’assurances Sun Life à Montréal. Son travail comme représentant l’amena à couvrir les Antilles britanniques où il se rendait régulièrement. C’est dans la ville de Québec qu’il rencontra Dolorès Murielle Fagès, divorcée et mère de trois enfants. Leur mariage civil fut contracté aux Etats-Unis en 1931. D’origine espagnole, Madame Fagès, décédée en 1944, nomma la maison Manoir Chanterella du fait de la présence de nombreuses chanterelles sur le terrain à l’époque.

Leur fille, Penelope Ann, née en 1933, hérita du domaine au décès de son père, en 1968.
Dans les années soixante, elle en fit une ``pension de classe, confortable et charmante, qui rappelle celles de la vieille Europe``, selon une annonce publicitaire du temps et grâce aux objets d’art et meubles rapportés par son père au cours de ses voyages en Chine et en Inde. Une chambre simple coûtait aussi peu que 3.00$ à 5.00$ par jour et une chambre double avec ou sans foyer de 8.00$ à 12.00$ par jour pour deux personnes.
Située sur un terrain de 91,000 pieds carrés, disposant d’une aire habitable de 4,500 pieds carrés, on y trouve douze chambres à coucher, quatre salles de bain, deux cuisines et six foyers. À l’étage, les pièces ont conservé de belles boiseries en pin. Le style espagnol, favorisé par Mme Fagès y paraît encore. Les murs extérieurs en pierre sont l’œuvre d’un maçon écossais, venu au Canada pour travailler à la restauration de la bibliothèque nationale d’Ottawa.

En 1976, la maison changea de vocation et fut louée à un organisme parrainé par le Service d’adaptation du Ministère de l’Immigration du Québec. Fondé par un jésuite, le père Ringuet, le projet du nom de Clair Matin avait pour but de favoriser les échanges entre de jeunes Québécois francophones et de jeunes immigrants de diverses ethnies. De dix-huit à trente ans, ces jeunes partaient les fins de semaine de la gare Jean-Talon (CP) vers la gare de Val-Morin pour être hébergés gratuitement à Clair Matin. Le projet dura environ trois ans et c’est pendant cette période en 1977 que la maison changea de propriétaire. Ce dernier, dont nous respectons la demande d’anonymat, en fit l’acquisition pour la louer en attendant d’en faire sa résidence principale à la retraite.

De 1982 à 1988, la maison devint un centre de santé axé sur le jeûne et porta le nom de Val Santé. De 1998 à 1999, elle fut occupée par une fraternité monastique, de type bénédictin, appelée la Solitude des Frères de Notre-Dame. La vie communautaire et l’hospitalité aux laïcs, comme lieu de ressourcement, y trouvaient un environnement hautement favorable.
Aujourd’hui, cette grande demeure coule des jours plus sereins après avoir connu de multiples vocations. Du haut de son promontoire, elle continue à défier le temps et les saisons et constitue un témoin important de notre passé et de notre patrimoine.
Nous tenons à remercier vivement son propriétaire pour nous avoir ouvert sa porte et fourni de précieux renseignements.

Entrevue et propos recueillis par Lorraine Clément et Huguette Viau.
Texte : Lorraine Clément.
Photos : Huguette Viau et Serge St-Hilaire

 

Retourner à la liste ...