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2011-03-22
La Pension Colpron

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La pension Colpron
Comme c’est intéressant de faire des recherches sur nos belles maisons d’autrefois qui existent encore aujourd’hui!  À chaque rencontre, nous découvrons un pan de notre histoire.

Cette fois-ci, je vous présente la Pension Colpron, mieux connue sous le nom d’Auberge de la Canardière. Elle est située sur la rue Morin, pas très loin de la 7e avenue. Cette belle maison tient une place de choix parmi mes souvenirs d’enfance. Je passais devant tous les jours pour aller à l’école et elle me plaisait, car elle était grande, haute, propre et de couleur foncée avec des galeries tout autour. Je ne me souviens pas de M. et Mme Colpron, mais je me souviens très bien de leur fille, Micheline, qui a déjà été Reine du Carnaval; je portais le diadème pour le couronnement à l’Hôtel Mont-Sauvage. Cet événement avait lieu à la fin des années quarante, sous la présidence du député, J.-L. Blanchard, et du maire du temps, M. Aimé Viau. (Wow! ça ne me rajeunit pas!)

Revenons maintenant à l’histoire de la maison. D’aussi loin que nous pouvons remonter, au Bureau de la publicité des droits, le 9 novembre 1881, M. Charles Ouellette, cultivateur de Sainte-Adèle, vend à M. Gilbert Barbe, cultivateur de Saint-Jérôme, deux terrains (nos 18B et 19A) du 10e rang du canton Morin, « avec deux bâtisses dessus construites ». S’agit-il d’une maison, d’une ferme, de bâtiments? Je l’ignore. Ensuite, plusieurs personnes font tour à tour l’acquisition de ces terres : Henry Gosden, Adolphe Duperrault, John Ban McLeod, Melba McLeod, William Henry Tyndale.

Le 8 décembre 1932, Dame Jessie Bremner, veuve de M. Tyndale, cède à M. Athanase Joseph Champigny, charpentier de Montréal, une partie du lot 19A, soit 15 acres. Dans ce contrat, une clause stipule que cet emplacement doit être résidentiel : aucun commerce – garage public, station d’essence, atelier, magasin ou autre – ne doit être érigé. C’est là qu’on suppose, sous toutes réserves, que la maison a été construite car, le 3 octobre 1942, Dame Laurette Brière, épouse du sieur Albany Colpron, journalier de Val-d’Or, achète ce même lopin de terre avec une maison dessus et ses dépendances au prix de 4 500,00 $. Mme Colpron décide d’ouvrir une maison de pension, d’où son nom, la Pension Colpron. Dans les années quarante et cinquante, elle est renommée et attire de nombreux touristes, dont les amateurs de ski.

Lorsque Mme Brière-Colpron rend l’âme, le 22 avril 1960, âgée de 57 ans, sa fille unique, Micheline, hérite de la propriété. Cette dernière épouse Peter Jacobs et va demeurer à Amsterdam, aux Pays-Bas. M. Albany Colpron, retraité, s’installe à Boucherville. La propriété passe aux mains de M. Douglas L. Heselton, comptable de Lachine, le 18 octobre 1965. M. Heselton est moniteur de ski au Mont-Sauvage et occupe la maison comme résidence secondaire.

Nos hôtes d’aujourd’hui, Mme Claudette Gaignard et M. Germain Alary, acquièrent cet emplacement le 1er avril 1999, de M. Heselton, déménagé à Surrey, Colombie-Britannique. M. et Mme Alary travaillent depuis sept ans à la rénovation, et le résultat est remarquable. Ils conservent le plus possible les matériaux et l’aspect d’origine : les murs extérieurs en bardeaux de cèdre, les portes et fenêtres, l’escalier intérieur, les galeries entourées de petits poteaux blancs avec une étoile au centre, les poutres, les poignées de porte en cuivre, les murs de lattes recouverts de plâtre (c’est très rare pour ce temps-là). Un petit détail à souligner : les planchers de bois franc sont fabriqués de planches larges au milieu et plus étroites autour, ce qu’on ne remarquait pas car il y avait habituellement une carpette au centre de la pièce.

Aujourd’hui, l’auberge est rénovée et décorée avec goût et, comme on l’appelle La Canardière, on y trouve de jolis canards partout, même dans les rideaux. Du salon et de l’étage, on a une vue superbe sur les montagnes, l’étang et… les canards.

Merci à M. et Mme Alary pour leur accueil et les documents d’archives.  Merci à M. Serge St-Hilaire, pour les photos. Merci à Mme Lorraine Clément pour son aide lors de la visite et de l’entrevue.





 

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