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2011-03-17
Maison Chez-nous

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Maison Chez-vous
Nous vous présentons la maison ``Chez-nous``, une des plus anciennes maisons de notre village, puisque ses origines remontent au milieu des années mille huit cents, avant la création de la Municipalité de Val-Morin. (1922). Elle fait partie de notre héritage local et constitue un exemple éloquent de l’architecture québécoise du X1Xe siècle.

Située sur un terrain paysagé de plus de trois acres, agrémenté d’arbres centenaires et traversé par un ruisseau poissonneux, elle est voisine du golf de Val-Morin, au pied du Mont-Sauvage. Sa façade avant donne sur la rue Morin et la vue arrière se prolonge jusqu’à la rivière du Nord.
La date de sa construction reste incertaine et se trouve peut-être aux Archives nationales du Québec. Cependant, de 1880 à 1891, les noms de Gilbert Barbe, Octave Lafleur et Israël Amarengher apparaissent successivement comme propriétaires des lots 16B-17b-18A avec bâtisse . On la retrouve au Registre foncier de St-Jérôme le 21 octobre 1904 lors d’une vente par shérif dans une poursuite contre les terres d’Israël Marinier. L’acheteur est Adolphe Duperraut,contracteur, qui acquiert ainsi les trois lots d’environ 95 acres et une bâtisse érigée dans la Paroisse de Ste-Adèle, dans le canton d’Abercrombie.

Au début du 20e siècle, les Laurentides voient affluer de nombreux visiteurs de Montréal,en particulier des anglophones désirant posséder des résidences secondaires. Le 8 février 1905, un voyageur de commerce du nom de William H. Tyndale devient propriétaire de la maison et de cent acres de terrain pour la somme de 1000.00$. Le contrat notarié stipulait trois clauses dont l’une lui interdisait de `` subdiviser le terrain à la revente et de vendre à un juif ou à une juive``.(sic) Cette dernière clause prévalait dans les Laurentides à l’époque jusqu’aux années cinquante. Toutefois, des parties de lots furent vendues par la suite à Duncan McNiece, Carlton Place, Arthur E. Powter et au Club de golf de Val-Morin pour n’en nommer que quelques uns. Une photo couleur sepia datant de 1917 nous montre W.H. Tyndale et son épouse Jessie Bremner assis sur la véranda, devant les lilas qui ornent encore la façade de la maison aujourd’hui.* L’appellation ``Chez-Nous``écrit au fronton de la porte principale date probablement de cette époque.

Au décès de son mari en 1931, Jessie Bremner hérite de la propriété. Décédée en 1943, dans son testament, elle fait don ``de son cottage à Val-Morin, nommé Chez-Nous, à son petit-fils William S.Tyndale`` et à son fils Orville S.Tyndale, juge à la Cour supérieure du Québec, ses meubles et autres biens personnels.

La propriété reste dans la famille Tyndale jusqu’en 1959, date à laquelle elle est vendue à Rolla Ella Wilson, médecin, mariée à Peter I. Frieygood. Ce dernier, d’origine juive, a dû exercer une influence dans cet achat puisqu’il ne pouvait être admis au club de golf adjacent et qu’il a fait installer sur le terrain une pratique privée de trois tertres. Devenue veuve en 1980, Mme Wilson met sa résidence secondaire en vente. Elle est acquise en octobre 1986 par Robert Zarbatany, grossiste en textiles, marié à Pierrette Lalande. Tous les deux étaient résidents de Val-Morin depuis plusieurs années. Depuis le décès de son mari en 1994, Mme Zarbatany continue de l’habiter et à lui préserver son caractère patrimonial.

Orientée vers le sud-ouest, la maison borde la route et dispose d’un vaste terrain vers l’arrière jusqu`à la rivière. Selon un modèle québécois de la fin du 19e siècle, la porte de semaine s’ouvre sur une cuisine latérale. Ses murs extérieurs sont faits d’épais blocs de cèdre assemblés avec des tenons à l’horizontale dans des pièces verticales à mortaises. La toiture du perron-galerie courant sur deux faces n’est pas, à l’avant, dans le prolongement du larmier mais accrochée à la façade , juste au dessous du larmier, ce qui laisse supposer une influence américaine. À l’intérieur, les murs sont recouverts de crépi, les plafonds sont d’origine avec leurs larges planches de pin et poutres apparentes, quelques planchers ont été refaits en lattes de bois et le salon a été agrandi pour s’ouvrir sur une véranda grillagée. Des poutrelles de bois supportant le plancher du 2e étage courent d’un mur à l’autre et sont apparentes sur les murs extérieurs. Malgré son grand âge, elle dégage un confort et un cachet unique.


Lors de certaines rénovations dans les années cinquante, une cheminée a été ouverte et on y a découvert une cache d’armes, comprenant de vieux fusils et une épée de régiment. Est-ce que la maison a pu servir de dépôt militaire ou était-elle un refuge pour les Royalistes fuyant les Etats-Unis lors de la création de ce pays….Mystère., n’hésitez pas à aller la reconnaître et à souhaiter qu’elle fasse partie longtemps de notre paysage.

Entrevue et recherches : Huguette Viau et Lorraine Clément
Texte : Lorraine Clément
*Photo : Serge Saint-Hilaire
Sources : Pierrette Lalande Zarbatany
Bureau de la publicité des droits (St-Jérôme)
The UpNorth Reporter - ``Old Laurentian Buildings``
Encyclopédie de la Maison Québécoise (Lessard et Marquis)

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