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2011-04-04
Le Camp Maupas

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Le Camp Maupas – 1re partie
Dans mes recherches en vue de vous faire découvrir le patrimoine de Val-Morin, un site enchanteur m’est revenu en mémoire : le Camp Maupas. Ce camp était situé sur une presqu’île au bout du chemin Maupas, au bord du lac Raymond, où tient place aujourd’hui la Vallée Tyrolienne. Fondée en 1923 par le Français Émile Maupas, cette auberge accueillait les touristes fervents de sports d’hiver et d’été. Elle a été démolie dans les années 60. Seul le petit chalet de Mlle Alice Bigras est resté intact.

Laissons de côté les renseignements de lot, de cadastre et d’architecture ; attardons-nous plutôt sur le promoteur, M. Émile Maupas. D’après la biographie écrite par M. Gilles Janson : « Emile Maupas, de son vrai nom Émile Maupain, est lutteur, haltérophile, escrimeur, professeur d’éducation physique, administrateur d’un camp de plein air, sculpteur et peintre, né le 18 mai 1874, à Évreux, département de l’Eure, France, fils de François-Aristide Maupain, maître charron et de Pauline-Emma Donne, couturière. »

Voici un aperçu de sa carrière d’après le Dictionnaire des artistes de langue française en Amérique du Nord : « Sculpteur, modeleur, professeur de beaux-arts et lutteur. Émile Maupas étudia d’abord le dessin à Evreux. Il poursuivit sa formation à Paris, dans les ateliers de Montmartre et de Montparnasse (Julian, Colarossi). Après son service militaire, il se distingua dans la lutte professionnelle et il fit un voyage à Montréal dans le cadre d’un championnat. »

On dit qu’il a pratiqué la lutte durant quelques années aux États-Unis où il a repris goût à la création artistique. Il a envoyé des œuvres à Montréal en 1909, 1910 et 1911, dont un portrait de l’évêque de Manchester, Mgr Georges-Albert Guertin. En 1913, il est installé à Montréal et expose au Salon de l’Art Association of Montreal ; il figure aussi à ce salon de 1918 à 1922.

M. Joseph-Alphidas-Elzéar Gravel (grand-père de M. Pierre Gravel), avocat, secrétaire de la Ligue Montréal-Nord, a été l’entraîneur de M. Maupas. Il écrit dans La Presse du 4 mai 1910 : « L’an dernier, Emile Maupas envoyait à l’exposition sa délicieuse œuvre intitulée L’épave, qui fut une surprise pour tous ceux qui ne savaient pas que, depuis son arrivée en Amérique, le champion du monde n’avait jamais cessé son travail d’artiste sculpteur. » Louis-Philippe Hébert, artiste sculpteur, a eu cette réflexion : « l’ouvrage de M. Maupas figurerait avec avantage dans n’importe quelle exposition européenne. » Parmi ses œuvres, un buste du maire de Montréal, Médéric Martin, datant de 1921, figure aujourd’hui au cimetière de Notre-Dame de la Côte-des-Neiges (La Presse, 24 septembre 1921).

Selon M. Janson, Émile Maupas s’est appliqué durant toute sa vie à former des athlètes en donnant des cours de culture physique, de lutte et de boxe. Il a pratiqué la lutte gréco-romaine en France, en Algérie, au Maroc, en Tunisie, en Hollande, aux États-Unis et au Québec. À Montréal, au Parc Sohmer, il gagne un combat contre l’Américain Jack Rogers, devant 5 000 spectateurs ; parmi eux se trouvent des juges de la cour supérieure, des avocats, des médecins, des dentistes, des notaires, des marchands et plusieurs dames… qui viennent admirer cet athlète idéal, ce lutteur parfait, grand, souple, bien fait et fort, au cerveau bien meublé. Ma mère me parlait de lui comme d’un homme très admiré ici et très courageux, car il se baignait tous les jours dans le lac, hiver comme été.

Dévoué à la cause athlétique, Émise Maupas s’occupe durant la guerre 1914-18 de la rééducation physique des grands blessés canadiens de retour du front. En 1921, un ami, Lucien Riopel, ouvre une colonie de vacances sur les bords du lac Supérieur, près de Saint-Faustin, et l’engage comme professeur de culture physique, de lutte et de boxe. En 1922, il participe au développement physique des soldats du régiment Mont-Royal, à leur arsenal de l’avenue des Pins.

La grande œuvre d’Émile Maupas en terre québécoise sera la fondation d’un camp de plein air sur les bords du lac Raymond, à Val-Morin, dans les Laurentides, où il passera, été comme hiver, la plus grande partie de son temps. Dès le premier été, en 1923, on y célèbre la fête nationale des Français, le 14 juillet. Au programme : nage, canotage, soirée vénitienne, danse et chants. Tout au long de l’histoire du Camp Maupas, les occasions de s’amuser ne manqueront pas. Ces fêtes s’accompagnent de course à pied, de saut, de souque à la corde, de lutte et de boxe.

Trop de choses à dire, suite au prochain numéro…
Huguette Viau

Merci à M. Pierre Gravel, Mme Élise Bonnette, M. Serge St-Hilaire, M. Jean Guertin.

Sources : La Presse, L’Action Nationale, biographie de M. Gilles Janson, article de M. J.A.E. Gravel, Dictionnaire des artistes de langue française en Amérique du Nord, Internet.



 

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